Château de Bagnols Relais & Chateaux
 
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Château de Bagnols, Beaujolais
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Château de Bagnols | 69620 Bagnols | France
Tel: +33 4 74 71 40 00 | Fax:+33 4 74 71 40 49
E-mail: bagnols@relaischateaux.com

Histoire

L’histoire du Château de Bagnols est étroitement liée au rayonnement de la ville de Lyon à l’époque de la Renaissance. Le château a traversé quatre périodes distinctes :

L’ère médiévale tout d’abord, lorsqu’une forteresse défensive fut érigée de 1217 à 1221 par un allié de l’archevêque de Lyon du nom de Guichard D’Oingt. Les trois tours rondes originales reliées par des murailles épaisses sont entourées de douves profondes. Les déblais qu’elles génèreront seront utilisés pour surélever une terrasse orientée au sud à partir de laquelle toute la vallée alentour pourra être surveillée. La Basse-Cour permettra d’offrir un refuge aux villageois lors des assauts ennemis.

Après la Guerre de Cent Ans, période lors de laquelle le Château demeura la possession des familles royalistes d’Albon et de Balzac, les Médicis arrivèrent à Lyon. Ils contribuèrent dès 1446 à faire de Lyon la capitale commerciale et bancaire de la France. Vers la fin du siècle, la prospérité pacifique de la ville l’avait conduite à rayonner tant sur le plan culturel qu’artistique. Pendant ce temps, à Bagnols, on perçait des ouvertures à tir dans la tour nord, et l’on agrémentait les appartements résidentiels de peintures murales, dont l’une, imitant une tente, a survécu jusqu’à nos jours.

Un propriétaire de Bagnols devint l’image de la nouvelle identité lyonnaise, Geoffroy de Balzac, homme cultivé, conseiller et chambellan de Charles VIII. La visite royale de Charles est commémorée dans la Salle des Gardes (aujourd’hui restaurant) par l’écu de France qui figure au-dessus de la monumentale cheminée gothique, réputée pour être la plus grande du pays. Elle est décorée de musiciens, d’anges porteurs d’armoiries et de frises de feuillage retenues par des gueules de monstres.

L’année suivante, Geoffroy épousa la fille de Jean Léviste, magistrat lyonnais, qui fit réaliser la série des tapisseries de la « Dame à la Licorne » actuellement présentée au musée de Cluny à Paris. Avant de mourir en 1509, Geoffroy fit reconstruire la Basse-Cour et ceinturer le jardin d’un mur ponctué de petites tours décoratives. La paix ayant généré la confiance, il fit percer de grandes fenêtres dans les murs extérieurs du château et ajourer la cour intérieure de fenêtres à meneaux.

La Renaissance fait à Bagnols figure de seconde et glorieuse époque. L’industrie et le commerce lyonnais, en particulier dans le domaine de la soie, avaient conféré à la ville une position illustre dans l’Europe de la Renaissance. D’énormes fortunes furent constituées et les marchands fraîchement enrichis et anoblis, nouveaux aristocrates du commerce, entreprirent l’acquisition des terres appartenant aux seigneurs du Moyen-âge sur le déclin.

L’un de ces marchands, Jean Camus, importateur bourguignon d’amandes, de riz et autres denrées devint un des plus importants notables lyonnais. Il contribua au développement de l’industrie de la soie, devint conseiller et secrétaire du roi, et épousa une jeune fille lyonnaise issue d’une famille aristocratique de vieille souche. Jean fit l’acquisition de Bagnols en 1566, et ce faisant, devint le premier des trois générations de Camus qui devaient y vivre. Ils lui ajoutèrent des défenses – le porche et son pont-levis, la herse et l’imposante porte principale ceinte d’une plate bande à extrados en escalier.

Ils dotèrent également le Grand Salon d’un plafond soutenu par des consoles sculptées. C’est à la famille Dugué sur trois générations, qu’il revint d’octroyer à Bagnols ses plus grandes splendeurs, de 1619 à 1711. Gaspard Dugué, nommé Trésorier de France en 1614 voua une partie de sa fortune grandissante à l’achat du château, des cinq villages voisins, et de la rente en « avoine, froment, seigle, orge, huile, poulets, poules et cailles ainsi que les droits et devoirs seigneuriaux ».

Gaspard Dugué fut le premier propriétaire de Bagnols à l’ériger en demeure principale, et le bâti bénéficia largement de cette préférence. Bagnols devint alors une demeure aristocratique, à tout juste une journée de cheval de Lyon, idéale pour les vacances et la célébration des grands évènements.

De nombreux changements s’imposaient. Un pont fixe à l’entrée Est fut construit, de sorte que les carrosses puissent entrer dans la cour intérieure et déposer leurs passagers sous la loggia voûtée (désormais la cuisine). A l’intérieur, les grandes salles furent réorganisées et dotées d’antichambres et de cabinets, accessibles par un escalier. Un escalier d’honneur menait aux pièces dévolues aux cérémonies. Une arcade à l’italienne ajoutée au premier étage ouvrait sur la cour. Les pièces étaient décorées avec faste : peintures murales, lits tendus de taffetas, serge passementée et broderies, meublées de tables en noyer et de commodes. En hiver, les murs étaient tendus de tapisseries des Flandres, de Rouen ou Bergame, et des feux étaient allumés dans l’âtre.

Les peintures murales désormais célèbres sont les plus importantes et d’une qualité inégalée dans un château provincial français. Avec les quelques autres exemplaires qui survivent dans la région, ils témoignent de l’existence d’une école lyonnaise spécifique, inspirée par les industries textiles de la ville, connue sous le nom de « Grande Fabrique de Lyon », dont les velours, soieries et damas surpassaient ceux en provenance d’Italie ou d’Orient.

Des peintures de même facture créées à Grigny pour la famille de Merle, amie des Dugué, suggèrent que les artisans lyonnais œuvraient en qualité de décorateurs itinérants. Ils travaillaient avec célérité, tirant directement leur inspiration des derniers motifs des tissus lyonnais qu’ils mêlaient à des influences Renaissance extraites d’ouvrages sur les estampes.

A Bagnols, la plupart des salles sont décorées de couleurs vives et motifs légers provenant de la Grande Fabrique de Lyon. Les peintres dotèrent par exemple « L’Appartement aux Bouquets » de murs d’un tendre abricot ponctué de semis et bouquets de fleurs. Encadré de colonnes autour desquelles s’enroulent des pampres, l’ensemble de cette création représente une terrasse à colonnes ouvrant sur un paysage parsemé de fleurs. Dans l’appartement « Geoffroy de Balzac », les grotesques présentés en frises sont d’inspiration italienne, avec des cartouches, arabesques et singes grimaçant dans des miroirs. Une salle du second étage, à l’origine chapelle familiale, offre des arcades en trompe-l’œil mettant en scène la vie de Saint Hierosme. Y figurent également les armoiries des Dugué.

La troisième période du château s’ouvrit en 1711 par son acquisition par Joseph-Barthélémy Hessler, jeune homme de 35 ans originaire de Francfort venu s’établir à Lyon. Prodigue de son argent tant pour l’entretien que la décoration du château (dix ans seront nécessaires à la réfection des toitures), il fit détruire certaines fortifications désormais inutiles et le dota d’une glacière, d’un jardin régulier surplombé d’une grande terrasse. A l’intérieur, la Salle des gardes fut décorée de colonnes en trompe-l’œil encadrant les quatre saisons avec palmettes et coquilles rayonnantes, dans les tons pâles en vogue au 18ème siècle.

L’achèvement du siècle vit décliner la gloire de Bagnols. Ses propriétaires manifestèrent peu d’intérêt pour le château et le morcellement de ses terres réduisit son revenu. Lors d’un bref sursaut, le Grand Salon fut décoré de cartouches en trompe-l’œil et d’illustrations des Métamorphoses d’Ovide, tandis que le Salon de Chasse adjacent fut peint d’une scène de chasse en forêt inspirée de gravures datant de la fin du 16ème siècle.

Bagnols s’assoupit alors lentement pendant deux siècles. Le château devint exploitation agricole et la Basse-Cour fut partiellement détruite au profit de l’immense cuvage.

En 1987, Lady et Lord Hamlyn découvrirent le château, sublime bâtiment triste aux toits percés et murs lézardés, aux plantes exubérantes, hébergeant dans l’une de ses tours une famille de corbeaux. Il était néanmoins classé Monument Historique, et protégé par l’Etat français pour son importance historique et architecturale.

C’est alors que le Château, renaissant de ses cendres, entra dans sa 4ème période. Les propriétaires, forts d’une belle d’énergie et d’une indéniable inspiration, le ramenèrent à sa splendeur d’antan. Plus de 400 entrepreneurs et artisans relevèrent le défi tandis que des centaines d’articles, commandés spécialement dans le monde entier, vinrent compléter la collection privée d’antiquités qui garnissaient le Château. Ainsi, Raynaud, fabricant historique de porcelaine à Limoges créa la porcelaine blanche aux armoiries bleues tandis qu’Hartzviller, en Alsace, réalisa des copies de verres du 18ème siècle. Liddell, vieille entreprise Irlandaise, confectionna le linge de table. Le Lyonnais Prelle créa la soie dont on recouvrit les chaises de la salle à manger.

Une atmosphère de sérénité, d’élégance et de luxe se dégage de ce lieu magique, pourvu cependant de tous les aménagements modernes.

Bagnols aurait aisément pu disparaître mais, fort d’un nouveau souffle, il ouvre ses portes à ceux qui souhaitent vivre une expérience unique dans l’un des plus beaux châteaux-hôtels de France.